Comment séduire un homme en 12 leçons

Sarah du Breuil - 17 mars 2016

Besoin de vibrer ! I’m pickin’ up good vibrations

Sarah du Breuil - 17 mars 2016

Ne vous taisez plus!

Sarah du Breuil - 17 mars 2016
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Il y a quelques années, j’ai vécu ce que personne ne devrait laisser faire dans une entreprise et ce qu’aucune femme ne devrait vivre et subir : Le Harcèlement Sexuel.

J’évoluais dans une grosse structure animée de complots politico-stratégiques permanents, comme dans toutes grosses structures. Je m’en contentais…pas le choix. Mais ce qui m’acheva fut le comportement déplacé (doux euphémisme) de l’un des grands patrons qui me fit une cour effrénée pendant de longs mois.

Grand. Bedonnant. La cinquantaine. Il était le seul à se trouver irrésistible.

 

Il était aveuglé par son statut dans l’organigramme.

Il faisait le pied de grue devant mon bureau, m’invitait constamment au théâtre. A dîner. A partir en week-end à New-York ou Marrakech.

Les e-mails énamourés pleuvaient.

Les SMS à base de « Tu es la femme de ma vie, je n’avais pas ressenti ça depuis longtemps » aussi.

Et que dire de ses blagues graveleuses à répétition … ?

Le pire résidait dans le fait que je ne pouvais m’en plaindre à personne vu que cet homme – au demeurant marié et père de quatre enfants – n’était autre que le cousin d’un des plus gros actionnaires.

 

Il agissait en toute impunité. Se sentant protégé en « hauts lieux ».

 

Je me sentais prise au piège.

M’en ouvrir publiquement aurait été l’équivalent d’un suicide professionnel.

Pour ne pas me mettre en porte à faux, je pensais qu’il ne fallait pas faire de vagues. Je n’avais donc, selon moi, pas d’autre choix que de repousser ses avances de façon soft et poli.

Je répondais systématiquement à ses messages sur le ton de l’humour (conseil de mon père, qui – et c’est très rare – eut un mauvais jugement).

 

Je faisais pirouette sur pirouette. Mais je ne suis pas gymnaste.

 

C’était du harcèlement sexuel pur et simple.

Mais vint le jour où je dus mettre les points sur les i.

N’en pouvant plus, je ressentis un besoin impérieux de mettre un terme à ces assauts quotidiens.

Je finis par craquer et décidai de l’éconduire beaucoup plus sèchement qu’à l’accoutumée.

 

Mon enfer commença (avant ce devait être le purgatoire !).

 

Le harcèlement sexuel se transforma en harcèlement moral.

Il fit tout son possible pour me décrédibiliser aux yeux de tous.

Je vivais dans un climat d’angoisse et de peur permanente.

Aller travailler le matin devenait insupportable.

Ma santé se faisait de plus en plus fragile et mes journées s’achevaient parfois par des migraines terribles. Progressivement, celles-ci se firent de plus en plus fréquentes.

 

Voilà comment on en arrive au burn-out.

 

J’avais combiné une fatigue profonde,

Un désinvestissement dans mon activité professionnelle,

Un sentiment d’échec et d’incompétence.

Ce fut le résultat d’un stress chronique causé par tous ces requins mais surtout par ce connard (disons les choses comme elles sont) qui m’entouraient.

Je ne parvenais plus à faire face aux exigences de mon environnement professionnel.

Mon énergie, ma motivation, ma santé et mon estime de moi déclinaient de jour en jour.

J’avais honte. Mais honte de quoi ?

Je pris donc, sur un coup de tête, la décision de demander mon licenciement.

 

Je quittais le groupe. Sans nostalgie. Sans tristesse.

 

J’avais pris la bonne décision.

Sans nostalgie et sans tristesse certes. Mais avec un sentiment immense d’injustice. N’était-ce pas injuste d’être contrainte de partir à cause d’un vicieux sans scrupule ?

10 ans.

10 ans de bataille pour en arriver à un poste que je méritais.

Et à cause de lui, de son petit pouvoir, de son pouvoir malveillant, de son petit pouvoir mesquin….j’abandonnai ce que j’avais construit à force de travail et d’abnégation.

 

Je me répétais cette phrase de Richard Branson

« Les braves ne vivent peut-être pas longtemps mais les prudents ne vivent pas du tout ».

Mais le courage était-il de fuir ? Ou était-il d’affronter cette situation ?

Honnêtement, je n’ai pas la réponse.

 

Alors oui, j’ai pris la bonne décision car ce n’était plus vivable. Plus viable.

 

Mais non, ce n’est pas normal.

Pas normal que tout le monde ferme les yeux.

Ferme les yeux sur ce qui est un crime.

Il a pris mon job. Mais il m’a surtout pris ma dignité. Mon estime de moi.

J’avais honte. Pourquoi avais-je honte ? Je n’avais rien fait. Si. J’avais commis l’erreur fatale d’accepter. Jusqu’à n’en plus pouvoir. J’avais accepté, c’était donc moins la fautive. Voilà ce que je ressentais.

 

Les filles, si l’une d’entre vous vit cette situation, n’ayez pas honte.

 

Ce n’est pas de votre faute.

Ce n’est pas normal.

Ce n’est pas juste.

 

Si vous avez des doutes sur ce que vous vivez, lisez cette définition :

 

« Le harcèlement sexuel se caractérise par le fait d’imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle qui portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant ou créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante.

Est assimilé au harcèlement sexuel le fait d’user (même de façon non répétée) de toute forme de pression grave dans le but réel ou apparent d’obtenir un acte de nature sexuelle, que celui-ci soit recherché au profit de l’auteur des faits ou au profit d’un autre.

Dans le milieu professionnel, il y a harcèlement sexuel même s’il n’y a aucune relation hiérarchique entre l’auteur et la victime »

 

 

Ne vous taisez pas ! Le harcèlement est un délit puni par la loi.

 

L’entreprise dans laquelle vous évoluez a le devoir de vous protéger et de vous défendre.

Nous sommes des femmes mais nous sommes des battantes. Nous sommes respectables.

Personne n’a le droit de menacer notre bien-être.

Personne n’a le droit de nous humilier.

Personne n’a le droit de menacer notre équilibre psychique et physique.

Personne n’a le droit de nous faire sentir coupable d’actes que nous subissons.

Personne n’a le droit d’ôter notre estime de nous.

 

 

35ans.fr